« Accueillir ou reconduire ? »

Plus de dix ans après la parution de l’ouvrage d’Alexis Spire sur les guichets de l’immigration, la question, « elle est vite répondue », ou du moins partiellement.

L’accueil n’est manifestement pas à l’ordre du jour et, au-delà, c’est l’accès au service public qui apparaît largement dégradé.

On en vient à se demander à quel point cette dégradation ne participe pas à un objectif plus large, qui, par le biais méthodes détournées, vise tout à la fois à dissuader certaines catégories de ressortissants étrangers de venir sur le territoire français et à les inciter à repartir.

Dématérialisation, externalisation, mise en distanciation par le recours massif aux procédés de « visio », délais qui ne cessent de s’allonger… Toutes celles & ceux qui interviennent dans ce domaine font les mêmes constats.

A cet égard, la récente pandémie a cristallisé des tensions mais n’a finalement été que révélatrice d’un état de fait antérieur et surtout, l’occasion (inespérée ?) pour les pouvoirs publics de pérenniser des dispositifs en cours d’expérimentation ou d’accélérer le développement de projets qui étaient sur le point d’être mis en place.

La maltraitance institutionnelle serait-elle une maltraitance institutionnalisée ?

Difficile de répondre à cette question, d’autant plus que nombre de dispositifs qui seront abordés au cours de cette journée (externalisation, dématérialisation, restrictions des guichets) se retrouvent également dans d’autres services publics.

Le colloque de Lille offrira l’occasion d’essayer d’apporter certains éclairages sur cette question de la maltraitance institutionnelle et, au-delà, de proposer une réflexion sur les moyens d’action.

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