La justice fait de la peine…

Défendre face à l’engouement répressif

Dans notre société au « besoin de consolation […] impossible à rassasier[1] », prise dans une course à la sécurité au mépris de la paix sociale, une réflexion sereine et constructive sur la peine semble impossible à mener.

Michel FOUCAULT, en 1975, observait que le constat de l’échec de la prison était déjà ancien, quasi-contemporain de son apparition, et ne pouvait qu’en conclure à l’instrumentalisation volontaire et consciente de cet échec.

Plus de quarante années ont passé et la justice persiste, inlassablement, dans son engouement répressif, incapable de se détacher de la réponse carcérale, pourtant coûteuse et très majoritairement inefficace. Ainsi, au moment où la Suède ferme des prisons vides, la population carcérale française explose, dans des conditions indignes.

Des alternatives, qui ont fait leur preuve, existent pourtant, consacrées par les textes qui enjoignent d’ailleurs les juges de n’enfermer qu’en dernier recours.

Ces textes sont cependant trop souvent oubliés ou, pire, détournés de leur objectif et sont en tout cas impuissants à endiguer une répression croissante fondée sur l’étalon du « précédent », qui tient lieu de raisonnement.

L’objet du colloque annuel de défense pénale à Marseille sera cette année de renouveler notre réflexion sur la peine, ses objectifs, et les instruments à notre disposition pour une défense efficace contre les résistances à sortir du tout carcéral.

[1] Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (1952), Stig DAGERMAN (1923-1954)

 
Samedi 13 et dimanche 14 mai 2017

 
Maison de l’avocat

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