La section nantaise du Syndicat des Avocat·es de France alerte sur les conditions d’audience actuellement constatées au tribunal administratif de Nantes, en période de canicule. Alors qu’aucun dispositif de ventilation ou de climatisation suffisant ne permet aux avocat·es de plaider dans des conditions dignes, sûres et respectueuses de leur santé, il est indispensable que des adaptations immédiates soient admises. Certain·es magistrat·es du tribunal administratif de Nantes acceptent, fort heureusement, que les avocat·es plaident sans leur robe, ce qui ne pose d’ailleurs aucune difficulté au tribunal judiciaire de Nantes de l’autre côté de la rive. Cette mesure de bon sens et de pur respect, permet la poursuite de l’activité juridictionnelle sans exposer les professionnel·les présent·es à des conditions de travail dégradées et dangereuses pour leur santé. Pourtant, plusieurs refus de magistrats de laisser les avocats retirer la robe nous ont été rapportés. Plus grave encore, une consoeur s’est vue refuser d’ôter la robe au motif qu’elle ne serait pas « en état de vulnérabilité », notamment parce qu’elle ne serait « pas enceinte ». Une telle position, attentatoire au respect de la vie privée des avocat·es, est inacceptable. Elle revient à contraindre les avocat·es à exposer leur situation personnelle, médicale et intime devant des magistrat·es
Dernières actualités // Justice
Justice
Au Tribunal administratif de Nantes, il est interdit de plaider sans robe, même sous 40 degrés
Justice
Communiqué de soutien au magistrat visé par des menaces à la suite du procès Frontières
Nos organisations expriment leur plein soutien au magistrat du tribunal judiciaire de Bobigny, ainsi qu’à l’ensemble des magistrat·es ayant rendu la décision condamnant en première instance le directeur de la publication de Frontières pour la diffusion de données personnelles d’avocates et d’avocats intervenant en droit des étrangers. Cette décision, qui n’est pas définitive, peut naturellement être contestée par les voies de recours prévues par la loi. Dans un État de droit, toute décision de justice peut être critiquée et remise en cause devant les juridictions compétentes. Mais le désaccord avec une décision judiciaire ne saurait jamais justifier la mise en cause personnelle d’un·e magistrat·e, encore moins les menaces, les campagnes de haine, les attaques racistes ou les tentatives d’intimidation. La campagne actuellement menée contre l’un des magistrat·es ayant participé à cette décision fait écho aux faits jugés en première instance, puisqu’elle repose elle aussi sur la désignation nominative de professionnel·es du droit, leur exposition à la vindicte publique et la banalisation de procédés d’intimidation. Ces méthodes, aujourd’hui largement relayées par certains médias, ne relèvent pas du débat démocratique. Elles visent à délégitimer l’institution judiciaire, à faire pression sur celles et ceux qui rendent la justice et à intimider plus largement
Justice
Le directeur de publication du « magazine » d’extrême droite « frontières » : COUPABLE
Par jugement en date du 18 juin 2026, la 14ème Chambre Correctionnelle du Tribunal Judiciaire de Bobigny a considéré que la rhétorique de la haine ne relevait ni du journalisme ni de la liberté d’expression. En condamnant à six mois d’emprisonnement avec sursis simple et 10.000 euros d’amende, le directeur de publication du magazine d’extrême droite « Frontières », le tribunal a constaté que ce dernier avait sciemment exposé les avocat.e.s engagé.es dans la défense des droits des étrangers à la vindicte et à la haine. C’est au visa de la loi confortant les principes de la République (dite loi Samuel Paty) que le tribunal a rappelé que la liberté d’expression s’inscrit dans dans un cadre légal et ne peut être utilisé pour saper les fondamentaux de l’Etat de droit. Ainsi, en garantissant l’exercice des droits de tous les justiciables, les avocat.e.s jouent ainsi un rôle fondamental pour la garantie d’une justice indépendante. Le SAF sera toujours aux côtés des consœurs et confrères afin de garantir l’exercice libre de toute pression et de toute menace. Il sera aux côtés de nos Consœurs et Confrères par-devant la Cour d’Appel de Paris puisque le prévenu a annoncé, par la voie de son conseil, faire
Justice
STOP A L'HYPOCRISIE : DONNONS ENFIN LES MOYENS A LA JUSTICE
La disparition de Lyhanna, onze ans, bouleverse notre pays et derrière l’émotion légitime que suscite ce drame, il importe d’être à la hauteur. Or, certains responsables politiques cherchent avant tout à esquiver leurs responsabilités. Ce n’est pas digne. Plutôt que de blâmer des magistrat.es, comme a choisi de le faire le Garde des Sceaux, ancien ministre de l’Intérieur pendant plus de quatre ans, cette émotion doit conduire à un constat lucide : la chaîne pénale, et bien plus la chaine judiciaire, sont agonisantes. Au-delà des victimes qui paient un prix insupportable, tous ses maillons en sont exsangues. Nos organisations alertent depuis des années sur l’état désastreux de la protection de l’enfance et plus généralement de notre justice : des réformes précipitées et sans vision, des budgets chroniquement insuffisants, une politique pénale réduite à la communication et aux coups d’éclat. Personne n’a voulu entendre. C’est d’abord la capacité des services d’enquête à recevoir et à traiter les plaintes qui est en cause : un système qui ne parvient plus à gérer les signalements qu’il reçoit dans leur volume. C’est ensuite le choix politique de réaffecter les moyens par la mise en place de réponses pénales court-termistes, mobilisables dans des discours politiques sécuritaires et stigmatisants. Ce sont
Justice
QUAND LA DISP DE TOULOUSE FAIT PROFIL BAS FACE AU TRIBUNAL ADMINISTRATIF
Voilà un mois, la CGT SPIP 31/09, la CGT IP, le Syndicat de la magistrature (SM), l’Observatoire International des Prisons section française (OIP-SF) et le Syndicat des Avocat·es de France (SAF) introduisaient deux recours devant le Tribunal administratif de Toulouse contre la DISP de Toulouse en vue de faire annuler une note illégale du 26 janvier 2026 prise à l’encontre des personnes détenues visées par des mesures d’ITF ou d’OQTF en restreignant drastiquement leurs droits. Cette note imposait aux CPIP d’émettre systématiquement des avis défavorables aux demandes de permissions de sortir des personnes sous ITF ou OQTF, quelle que soit la situation et sans analyse personnalisée, niant l’essence même de leur métier à savoir une individualisation de l’accompagnement et une aide à la décision des juges d’application des peines. Les agent·es s’en sont ému·es de façon importante, ce qui conduisait la DFSPIP (Direction) du SPIP 31/09 à diffuser une note de service le 8 mars 2026 ne permettant plus aux CPIP d’aller en CAP, note qui apparaissait comme une réelle volonté de muselage des agent·es résolu·es à résister à la note illégitime de janvier 2026. Devant le Tribunal administratif : • le recours en référé-suspension contre la note du 26 janvier
Défense pénale
Journée « justice morte » : une mobilisation massive contre un projet dangereux
La journée « justice morte », organisée en opposition au projet de loi sur la « justice » criminelle et le « respect » des victime, a donné lieu à une mobilisation d’ampleur exceptionnelle, ce dont le Syndicat des avocat·es de France, qui en est un initiateur, se félicite. Cette mobilisation témoigne du rejet massif, par l’ensemble de la profession, d’un texte qui, sous couvert d’améliorer l’efficacité de la justice, porte en réalité atteinte aux droits de la défense, méprise les attentes des victimes, entrave le caractère public de la justice. Dans un contexte marqué par des années de sous-investissement chronique, les orientations proposées par le gouvernement choquent. La réduction des garanties procédurales, la marginalisation du rôle des juges et des audiences — notamment au détriment des jurys populaires — ainsi que la remise en cause de principes fondamentaux, tels que la protection des données génétiques, constituent autant d’atteintes graves à l’équilibre de notre système judiciaire. Cette logique qui sous-tend le projet gouvernemental, déjà l’œuvre dans plusieurs matières, et sera, à n’en pas douter, progressivement étendue encore à d’autres : pourquoi s’embarrasser d’une audience quand une simili-négociation à la va-vite permet de mettre fin à un litige ? A moyen terme, cette logique de gestion managériale de la
Justice
13 AVRIL 2026 JOURNÉE JUSTICE MORTE - MOBILISATION CONTRE LE PJL SURE
Justice
Lettre ouverte : Monsieur le Garde des Sceaux, arrêtez le massacre !
Monsieur le Garde des Sceaux, Seul Narcisse pourrait répondre sans ambages aux perversions contenues dans votre missive, en date du 6 avril à Madame la présidente du Conseil national des barreaux, Monsieur le président de la conférence des bâtonniers et Monsieur le bâtonnier de Paris, et à la façon dont vous traitez la justice. Tout d’abord vous affirmez, dans votre courrier, « nous avions évoqué le 12 mars dernier autour d’un déjeuner de travail que la profession me fasse part de ses propositions concrètes sur le projet de loi ». D’une part, votre projet était déjà rédigé et soumis, la veille de ce déjeuner, au Conseil d’Etat pour avis sans aucune concertation préalable avec la profession. À peine 6 jours après ce déjeuner, vous soumettiez ce projet au Conseil des ministres et le déposiez sur le bureau du Sénat sans attendre aucune observation. D’autre part, autant il est concevable qu’un déjeuner de travail puisse se tenir autour d’un dossier dont les enjeux sont de peu, voire de moyenne, importance, autant une sollicitation de propositions concrètes sur une telle réforme ne se traite pas entre la poire et le fromage. Preuve, s’il en est, de la place que vous comptiez réellement donner aux
Justice
COMMUNIQUE - section locale de Pau
Les membres de la section locale de Pau condamnent avec la plus grande fermeté la mise en place de visio-audiences au sein du Centre de rétention administrative d’Hendaye, de manière brutale et sans aucune concertation. Cette salle de visio-audience s’inscrit dans un contexte de déshumanisation croissante de la justice pour les ressortissants étrangers. Nous nous inquiétons de la privation de droits fondamentaux qu’entrainement une mise en place effective de ces audiences : – Fin de la publicité des audiences – Impossibilité de communiquer, pour ces personnes, avec leur avocat – Impossibilité d’avoir le droit à une réelle défense – Déshumanisation de la justice, et absence de contact avec les juges. La généralisation de ces audiences est particulièrement inquiétante. Car au-delà des questions qui se posent pour les ressortissants étrangers, ce sont tous les contentieux qui en sont la cible. S’opposer à la visio-audience, c’est soutenir une défense digne de ce nom, pour tous.
