Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur,
La proposition de loi (n°214 / 2025-2026) visant à assurer le droit de chaque enfant à être assisté d’un avocat dans le cadre d’une mesure d’assistance éducative et de protection de l’enfance adoptée par l’Assemblée nationale le 11 décembre 2025 sera soumise à votre examen le 28 mai prochain.
Il n’y a pas un mois sans que les médias se fassent l’écho d’un drame concernant un enfant victime au sein de son foyer ou au sein des foyers de la protection de l’Enfance.
Les enfants sont ce que notre société a de plus précieux et leur protection ne doit souffrir d’aucun manquement.
Or, en l’état et malgré les politiques affichées, ce n’est pas le cas.
Un pas a été franchi à l’Assemblée nationale par l’adoption à l’unanimité le 11 décembre 2025, de la proposition de loi garantissant à tout enfant, quel que soit son âge, la présence d’un·e avocat·e dès lors qu’un·e juge des enfants est saisi·e en assistance éducative.
Cette intervention ne va pas tout régler. Elle ne va pas régler le problème du manque de moyens alloués à la justice des enfants, ni le manque de moyens de la protection de l’enfance, qui sont les piliers de la protection.
Mais elle permettra à un enfant d’être assisté, sans risque de conflit de loyauté, par un·e professionnel·le indépendant·e, spécialement formé·e. Chaque enfant en danger dont la situation sera examinée par un juge des enfants aura enfin la possibilité d’exercer les droits juridictionnels qui découlent de la convention internationale des droits de l’enfant : savoir pourquoi il/elle va rencontrer le juge des enfants, connaître ses droits pour savoir quoi demander au juge, lire la décision et l’expliquer, interjeter appel, faire des demandes d’actes.
Notre intervention permettra de renforcer, considérablement, la mise en protection de milliers d’enfants dans notre pays.
On sait l’impact que la violence ou la maltraitance, également institutionnelle, a dans la construction d’un être en développement.
S’agissant des enfants non parlants, les expérimentations réalisées ont démontré que notre intervention avait tout son sens pour défendre leur place dans la procédure et leurs droits. Au contraire, notre présence est essentielle, leur vulnérabilité étant exacerbée par leur incapacité à s’exprimer.
Le Syndicat des avocats de France soutient et demande cette réforme indispensable pour rendre effective l’application de droits fondamentaux qui sont garantis aux enfants par nos textes nationaux et internationaux.

