25 avril 2014

SAF – UJA

Sections de Lyon

 Le quotidien lyonnais Le Progrès, nous gratifie cette semaine (édition du mardi 22 avril 2014) d’un sidérant article, appelé en Une, sous le titre « Délinquance : qui fait quoi dans le Rhône », aimablement agrémenté du sous-titre « A chacun son activité en fonction de son groupe d’appartenance. »

S’en suit une sorte de liste, prétendant décrire les « principales nationalités impliquées », avec chacune sa « spécialité », qui va du cambriolage au trafic de stupéfiants  en passant par le « vol de ferraille » et jusqu’à la prostitution,  dont  les fins limiers du Progrès pourraient savoir qu’elle n’est pas une infraction.

En revanche, et il leur sera rendu grâce de leur créativité, puisqu’ils nous apprennent que les « locaux », les « toxicomanes des cités », les « gens du voyage » et autres « africaines » ou « roms » constituent autant de nouvelles nationalités ; gageons que les intéressés ne manqueront pas d’y gagner de grandes espérances.

Mais si œcuménique soit-elle, la « liste » nous paraît incomplète : la fraude fiscale, l’abus de biens sociaux, le blanchiment d’argent, le trafic d’influence, le détournement de fonds publics, la corruption ? Au journal Le Progrès, ces délits, autrement plus dommageables socialement, n’existent pas.

Soyons sérieux : que des journalistes puisent leurs informations auprès de la police judiciaire (c’est la seule source citée) à l’occasion de tel ou tel fait divers, chacun le comprend, c’est leur métier.

Mais dresser, sur la base de cette unique source, en donnant fallacieusement à croire à une approche sociologique (et non sans avoir pris le soin de préciser que les statistiques par nationalité étaient interdites !), un panorama aussi stupide qu’ouvertement raciste et méprisant, à propos d’une problématique aussi complexe que celle de la délinquance,  nous paraît irresponsable et injustifiable.

Ceux qui conçoivent et écrivent de tels articles non seulement trompent leurs lecteurs, mais nuisent ainsi à l’idée que l’on peut se faire du journalisme et donc de la démocratie, et finalement insultent les citoyens bien plus qu’ils ne les informent.

Et plus grave, ils propagent des clichés susceptibles d’inciter leurs lecteurs à la haine raciale.

Au SAF et à l’UJA, cela nous désole et nous fait honte.

Lyon le 25 avril 2014