Depuis le 25 août 2025, Coline BOUILLON, avocate au barreau de Créteil, est en proie à du harcèlement de groupes d’extrême droite, à la suite d’un rassemblement à Royère-de-Vassivière (Creuse) organisé en soutien aux victimes « d’une chasse au nègre » ayant eu lieu le 15 août et pour dénoncer le racisme et la violence en Creuse.
Elle y intervenait en qualité d’avocate de sept plaignants affirmant avoir été violentés en raison de la couleur de peau de l’une d’entre elles.
Plusieurs témoins rapportent que des individus ont exécuté des saluts nazis, tandis que notre consœur était prise à partie et huée par un groupe situé à l’arrière de la foule. Des propos menaçants auraient été entendus à son encontre, tels que : « je vais me la faire, celle-là » ou encore « la prochaine fois, je reviens la voir avec un fusil ». Une plainte a été déposée à la gendarmerie de Royère-de-Vassivière et des témoins ont été entendus.
Le même jour, un organe de presse d’extrême droite dévoilait ses coordonnées et son identité, appelait au cyberharcèlement contre notre consœur et comportait de nombreuses injures. Dans les commentaires de cet article, un appel au viol a également été signalé.
Ce harcèlement particulièrement violent a entrainé une ITT de 15 jours de notre Consœur.
Cet épisode s’inscrit dans un contexte plus large où la profession d’avocat — garante de la défense des libertés fondamentales — fait face à de multiples attaques : campagnes menées par certains médias d’extrême droite, accusations jugées infondées par des ministres ou chefs de juridictions, cyberharcèlement ciblant des confrères et consœurs, et, trop souvent, une inertie des autorités de poursuite saisies de plaintes.
Le SAF condamne fermement ces dérives et réaffirme son soutien ainsi que sa solidarité envers notre consœur et considère que ces attaques visent non seulement la profession d’avocat, mais également les libertés fondamentales.
Le SAF se constituera partie civile sur la plainte relative aux faits dont elle est la cible.