30 mai 2013

Le Syndicat des Avocats de France entend exprimer avec vigueur sa solidarité et son indignation à propos de l’affaire désormais dite des « 5 de Roanne ».

Solidarité avec ces 5 militants syndicaux, poursuivis pour avoir, en marge d’une manifestation contre la réforme des retraites en septembre 2010, tracé des inscriptions sur le mur d’enceinte de la sous-préfecture ainsi que sur le goudron de quelques rues de Roanne, et finalement déclarés coupables, bien que dispensés de peines, par la Cour d’appel de Lyon du chef de « dégradations volontaires en réunion », au prix d’une qualification artificielle des faits, lesquels relevaient de la liberté d’opinion et d’expression, et non d’une quelconque volonté d’attenter aux biens de qui que ce soit.

Indignation d’avoir à constater que le procureur de la République de Roanne, à l’origine des poursuites, n’ait rien imaginé de mieux que de les convoquer pour que soit prélevé leur ADN, puis face au refus -moralement impossible à désapprouver- des intéressés, de mandater la police pour les interpeller manu militari à leur domicile à 6h30, et les placer en garde à vue pour que leur soit notifiée leur convocation devant le Tribunal correctionnel de Roanne à raison de ce refus, qui leur fait encourir un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende ! Il s’agit manifestement d’une volonté de criminalisation du mouvement social.

L’audience aura lieu le 5 novembre prochain ; différentes formes de mobilisation s’organisent déjà, et le SAF s’y associera.

S’agit-il d’une initiative personnelle et incontrôlée du procureur de la République de Roanne ?

Nous aimerions le croire, mais il appartient désormais à la Chancellerie de nous donner une explication ; nous l’attendons avec d’autant plus d’impatience qu’il nous paraîtrait ahurissant qu’un gouvernement de gauche puisse admettre un tel dévoiement de l’action publique et cautionner ainsi une utilisation scandaleusement abusive du fichier des empreintes génétiques en regard de ses objectifs initiaux.

Paris, le 29 mai 2013