1 février 2017

Plus de quinze ans après les attentats, qui ont frappé les Etats-Unis, le 11 septembre 2001 continue à être instrumentalisé pour agiter les peurs, au mépris des conventions internationales.

Suscitant une indignation mondiale, M. Trump a pris le 27 janvier 2017 un décret visant à interdire l’accès aux USA pendant 90 jours aux ressortissants de sept pays (la Somalie, le Yémen, l’Irak, la Libye, l’Iran et le Soudan) et à tous les réfugiés syriens pour une période illimitée.

Ce décret, d’application immédiate, intervient le « temps de mettre en place de nouvelles politiques de sécurité ».

M. Trump et son administration estiment que les ressortissants de ces pays sont potentiellement dangereux et seraient susceptibles, par essence, de ne pas respecter la constitution américaine.

Les conséquences néfastes de ce texte discriminatoire ont produit leurs effets quelques heures plus tard puisque des centaines de personnes ont été bloquées, soit à leur arrivée aux Etats-Unis, soit dans les aéroports de transit à l’initiative des compagnies aériennes.

Outre ses conséquences diplomatiques, la mise en œuvre de ce décret a d’ores et déjà donné lieu à des situations individuelles et familiales dramatiques, y compris en France. Ainsi des personnes détentrices de visa pour les USA et qui devaient embarquer en France ont-elles été refoulées dans leur pays d’origine, les compagnies aériennes ayant refusé de les embarquer.

Ce texte d’essence profondément raciste vise certains pays musulmans (notamment chiites, ou issus de gouvernements bénéficiant du soutien de l’Iran) tout en épargnant ceux où le président américain a des intérêts.

Si ce décret a pour le moment été suspendu par plusieurs cours fédérales, grâce aux actions emmenées par l’ACLU, l’examen de sa constitutionnalité au fond doit avoir lieu très prochainement.

Un très grand nombre de citoyens américains se sont spontanément rassemblés dès l’annonce de la mise en œuvre de ce décret, dans des aéroports, devant des mairies démocrates… pour dire leur rejet d’un tel texte, rappelant que les USA ont précisément été fondés par l’immigration et par des immigrés. L’état de Washington envisage de déposer une plainte .

Il importe plus que jamais de rester mobilisés contre ce texte et la philosophie qui l’anime, aux USA mais encore partout où il le faudra, car ce texte nous concerne toutes et tous où que nous vivions.